Serena Williams, porte-voix de la condition féminine dans le tennis ?

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Retour sur la polémique de l'US Open

Allison @Team Bossie  | 5 minute | #bossienews

Jeu, set et défaite. Fin de la compétition pour Serena Williams qui disputait, ce samedi, la finale simples femmes de l'US Open contre l'athlète japonaise, Naomi Osaka. Une dernier match qui se solde par une défaite pour l'ancienne championne mondiale mais surtout par un dernier ras-le-bol. 

Celle qui avait déjà du faire face aux polémiques pour avoir porté une combinaison lors du tournoi de Rolland-Garros, s'est à nouveau exprimée pour dénoncer le sexisme latent des courts de tennis, suite à son match de samedi dernier. 

Principal visé cette fois, Carlos Ramos, l'arbitre du match qui avait d'abord pénalisé l'athlète pour avoir échangé avec son entraineur puis pour avoir cassé sa raquette par énervement sur le court de tennis. Une décision que Serena Williams qualifie de vol, accusant directement le principal intéressé, ce qui lui vaudra une troisième sanction.  

"Je pense qu'il m'a pris un jeu, le fait qu'il me retire un jeu pour avoir dit "voleur", je l'ai ressenti comme une remarque sexiste"

Alors un peu tendax la Serena ? Peut-être pas tant que ça, puisqu'elle l'assure : elle aurait entendu nombre de tennismen tenir des propos envers des arbitres et ce, sans être sanctionnés de la même façon. Ce que corrobore l'ancien n°4 mondial, James Blake, dans un entretien accordé au Parisien : "J'ai parfois reçu un 'pré-avertissement' par l'arbitre, qui me disait : 'Arrête ça ou je devrais te mettre un avertissement'".

En tout cas, elle l'assure, ce coup de gueule ne vise qu'à défendre la parité au sein du monde du tennis.

Je vais continuer à me battre pour les femmes et pour l’égalite

Alors Serena Williams, serait-elle le nouveau étendard du féminisme au tennis ?

Tandis que le débat fait rage, que certains qualifient l'attitude de Serena envers l'arbitre comme une erreur de jugement et que d'autres témoignent de leur soutien, la question reste plus que jamais ouverte.  

Ce qui est toutefois sur, c'est que suite à la réaction parfois qualifiée d'exagérée de Serena, nombre de tenniswomen ont confirmé ces différences de traitement. "Merci de dénoncer ce deux poids, deux mesures", salue l'ancienne championne pionnière de la lutte des sexes, Billie Jean King.

Quand une femme exprime ses émotions elle est qualifiée d’hystérique et on la pénalise. Quand un homme fait la même chose, on estime qu’il fait preuve de sincérité et il n’y a pas de conséquences
— Billie Jean King

De son côté, Steve Simon, le directeur de la Women's Tennis Association souligne qu' "Il ne devrait pas y avoir de différence de degré dans la tolérance face aux émotions exprimées par les hommes et les femmes". Preuve que, le match de l'US Open bel et bien terminé, le combat contre le sexisme au tennis ne fait que commencer.