Rencontre photos d'Arles : Pas de place pour les femmes photographes

kuan-fang-254086-unsplash.jpg

Focus machiste !

Allison @Team Bossie  | 1 minute | #bossienews

On commence à prendre un peu trop l'habitude d'être reléguées au second plan.

Jusque là on s'était faites à l'obligation incessante de devoir nous justifier. Justifier le droit d'accéder à tel ou tel poste, justifier que non, on était pas moins douée, qualifiée, physiquement équipée qu'un homme, pour exécuter telle ou telle tâche. Et cela particulièrement, ces dernières années, dans les professions encore ancrées comme celles appartenant à l'Homme. 

Un peu plus oubliés, parce que parfois plus équitables ou du moins c'est l'image que l'on s'en fait, les milieux artistiques ne manquent pourtant pas de machisme. Dès lors que l'Homme peut trouver une discipline qui ne lui fait pas trop perdre de virilité, on dirait que la place lui est promise d'office.

C'est ainsi que tandis que nous pouvons toujours nous targuer d'être la majorité chez les danseuses de ballet (parce que c'est rose et gracieux), la photographie française, elle, tente de nous faire davantage oublier. 

En tout cas, il semblerait que ce soit bien la volonté de Sam Stourdzé, directeur des rencontres de la photographie d'Arles, qui semble trouver plus de talent chez ses compères. Dans la lignée de ses prédécesseurs, celui-ci n'a pas vraiment basculé le taux de représentativité des femmes pour cette édition 2018. 

Habituées à ne pas dépasser les 20% de l'ensemble des artistes présentés sur ce festival de la photographie, elles ne seront que 3 cette année à avoir le droit d'exposer ! (trop d'honneur, n'est-ce pas ?) 

Dans une discipline pourtant majoritairement occupée par les femmes sur les bancs des écoles : elles sont 60% des diplômés d'école d'art française, les photographes et artistes contemporaines féminines n'ont pas vraiment le droit au même quota de visibilité une fois professionnalisées !  

Un problème de maths ? Plutôt de société à vrai dire... Dirigé depuis 49 ans par des hommes qui récompensent des hommes, le festival d'Arles n'entraine pas vraiment à la parité. Et pourtant, c'est bien nous, citoyen.ne.s de la patrie, qui participons à ce sexisme. Subventionné par l'argent public, on peut dire que nous en faisons tous la promotion ! 

Alors bien que d'autres initiatives (que l'on applaudies) soient prises pour faire connaitre et redonner aux femmes artistes la place qu'elles méritent, on est en train de sérieusement se questionner sur le sexisme caché de nos impôts !