La ministre de la culture promet un bonus aux ‘films exemplaires’ en matière de parité

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Money, money, money pour chaque femme recrutée !

Allison @TeamBossie | 3 minutes

Nous avons une chance unique, historique de faire changer les choses.

C’est un appel à agir qu’a formulé Françoise Nyssen, ministre de la culture, à travers son discours aux Assises sur la parité, l’égalité et la diversité dans le cinéma, qui ont eu lieu le 20 septembre dernier. Et pour agir, la ministre annonce 6 mesures clés, vouées à instaurer la parité dans le 7ème art d’ici l’horizon 2020.

Prévue dès 2019, la mise en place d’un bonus de 15% pour les films aux équipes ‘exemplaires’ en matière de parité est la mesure phare annoncée par Françoise Nyssen, mais qu’est-ce que cela veut dire concrètement ?

Il s’agit en réalité d’accorder un bonus sur le ‘soutien mobilisé à la production’. Une aide déjà existante, accordée par le Centre National du Cinéma. Celle-ci varie en fonction du nombre d’entrées en salles cumulées par les films précédemment produits par le/la producteur/trice ainsi que le nombre de diffusions télévisées et ce, uniquement dans le cas où les postes clés des équipes respectent la parité.

L’obtention de ce bonus supplémentaire reposera sur un barème à points qui permettra de jauger cette ‘exemplarité’. Ainsi si l’auteure, la réalisatrice ou encore les postes de chefs techniques sont occupés par des femmes, ce sont autant de point comptabilisés par postes occupés. Tout film cumulant un minimum de 4 points aura droit au bonus. On est loin de la parité totale dans les équipes…. Pourtant, ‘aujourd’hui moins d’un film sur six serait éligible’ aux critères requis pour déclencher ce bonus rappelle la ministre pour justifier de mettre la barre… si bas.

Ce bonus, loin d’imposer une parité si ‘exemplaire’, signe une première avancée concrète sur le chemin de la parité. Tandis que la ministre parle de ‘levier’, et que la mesure peut-être critiqué par son intérêt pécuniaire, est toutefois largement soutenue par la réalisatrice engagée Sandrine Brauer qui confirme que ‘Si les films ne se font pas, si les budgets restent inférieurs dans leur moyenne quand ils sont réalisés par des femmes, c'est qu'il faut tenter quelque chose’.

Une tentative donc, une ouverture à la mise en place d’autres mesures, qui ont d’ailleurs été énoncées pour assurer la parité : contrôle des inégalités, promotion des productions de réalisatrices, amélioration de accessibilité et la représentation des femmes et de leur oeuvre… La liste est longue dans un univers en plein bouleversement. Un an après l’affaire Westein et le rassemblement sur les marches de Cannes de 82 actrices, quelques mois après les dénonciations, par les stars et en vidéo, du sexisme ambiant durant les auditions, quelques jours après la dénonciation d’Audiard au sujet de la sous-représentation des femmes à la Mostra de Venise… L’étendue des mesures énoncées est à l’image des clivages à combler. Réjouissons-nous, le mouvement semble bel et bien lancé !