Christine and The Queens : le retour polémique

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Chris : symbole du sexisme dans la musique ?

Allison @Teambossie | 2 minutes | #bossienews

2014.

Vous n’êtes sans aucun doute pas passé.e à côté du phénomène Christine and the Queens et du tube « Saint-Claude », hissé à la tête du podium.

Paroles enivrantes, rythmique magnétique, pas de danse hérité du plus grand, le tout délivré par une chanteuse emblématique. Look androgyne avec assez de timidité dans l’attitude pour ne pas déroger à la conception de la fémininité.

Pas de quoi offenser dans les chaumières, juste assez de talent et de style pour remporter tous les titres.

 

2018.

En plein come back pour la sortie de son nouvel album, en septembre, l’artiste réapparait transformée. Plus mature et assumée que jamais, c’est une Christine évoluée !

Cheveux courts, dégaine virile, regard de plomb, assurance déterminée, la chanteuse veut incarner « une femme puissante, qui a une autre façon de s’émanciper de beaucoup de normes qu’on lui impose ».

Exit l’identité féminine, Christine devient Chris, un prénom unisexe à l’image de cette femme affranchie. Devenue « Femme phallique », selon sa propre dénomination, la chanteuse qui entendait se donner plus de liberté en vient finalement à davantage se justifier.

Très rapidement accusée de plagiat dès la sortie de son premier single Damn, dis-moi, en juillet dernier, pour avoir utilisé des boucles musicales pré-enregistrées, son talent de compositrice se retrouve très vite remis en question.

Bien qu’il s’agisse là d’une pratique commune et largement usitée selon les dires de l’artiste, le scandale a pris et l’artiste du longuement défendre et justifier sa méthode de création.

Mais c’est sans compter sur la fidélité de ses détracteurs puisque dernièrement, c’est le clip de son single 5 dollars qui est sujet à débat. L’Obs y a, en effet, décelé de nombreuses similitudes avec Break Free, un court-métrage réalisé par l’actrice et mannequin australienne, Ruby Rose, en 2014. Et c’est reparti pour les accusations de plagiats.

Je déplore qu’on en soit encore là en France. On se permet de douter que je puisse être auteur et producteur parce que je suis une femme.

 

Des accusations répétées qui, selon Héloise, sont le fruit du sexisme. « Je déplore qu’on en soit encore là en France. On se permet de douter que je puisse être auteur et producteur parce que je suis une femme ».

Certes, les hommes ne sont pas exempts d'accusation de plagiat. On se souvient des récentes polémiques autour des plagiats des humoristes français, de leur homologues américains, et qui avaient fait beaucoup de bruit.

Toutefois, les emprunts, les réinterprétations et clins d’œil sont légions dans nombre d’œuvres artistiques. Il semble que l'ampleur des attaques envers Chris soient injustifiées. Pourquoi tant de haine synchronisée sur sa seule personne ?

Parce qu'elle est une femme. Et peut-être davantage encore parce qu'elle se fait l'étendard d'une sexualité non normée.