L'Afropreneuses Summit : un événement dédié à l'entrepreneuriat des femmes afro-caribéennes

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On y était et c’était génial !

TeamBossie • 5 minutes • #Iwashere


Retour sur l’événement qui a eu lieu le samedi 13 avril.


L’événement est resté volontairement confidentiel. Une soixantaine de personnes étaient attendues à Paris pour l’Afropreneuses Summit : la deuxième édition de la conférence dédiée à l’entrepreneuriat noir au féminin.


Clarisse, organisatrice de l’événement, l’annonce en introduction : elle a voulu ce moment comme un “safe space”. L’expression est américaine et pour cause : cet entre-soi, entre femmes noires, est mal vu dans cette République française qui ne veut pas voir les couleurs de peau. Mais en voulant ignorer les couleurs, elle ignore aussi les douleurs. Or, il y en a beaucoup ; comme on le comprend dès les premières minutes de l’événement. Les participantes sont d’abord accueillies en chanson par Christiane, majestueuse, qui entre dans la salle en entonnant “It’s going to be alright”, “tout ira bien”. Une façon de nous dire que c’est le chaos dehors, mais qu’ici on est en sécurité.

Puis c’est Clarisse qui fait son entrée et qui invite tout le monde à se prendre dans les bras, à se faire un câlin. La séquence se prolonge pendant de longues minutes, les visages sont béats. Si rien n’a encore été dit, les corps révèlent déjà le besoin d’amour et de tendresse, l’envie d’apaiser les souffrances.


Les témoignages qui se succèdent révèlent l’ampleur de ces dernières. Marie Dasylva, ancienne responsable de magasin reconvertie en coach pour femmes racisées, relate les propos de son ex-chef, qui lui a reproché ses cheveux naturels trop “ethniques” et “pas assez professionnels”. Les attaques répétées la feront sombrer en dépression, avant qu’elle ne soit abusivement licenciée.

Des expériences comme celles de Marie, elles en ont toutes à raconter. A la question, “avez-vous vécu des formes de discrimination ?”, toutes les mains se lèvent. Les femmes noires rencontrent des difficultés non seulement dans l’entreprise, mais dans tous les domaines de la vie. C’est l’investisseur qui refuse de financer un projet porté par une femme noire ; c’est le médecin qui refuse de prendre au sérieux les problèmes de fibrome utérin (maladie qui touche de façon disproportionnée les femmes afro-caribéennes) ; c’est le directeur de thèse qui refuse d’accompagner son élève noire.

On devine que le racisme et les discriminations ont laissé des cicatrices encore vives, d’autant qu’ils ont souvent pris ces femmes par surprise.


Personne ne porte pas un panneau avec écrit “je suis raciste”. Donc, on ne sait jamais d’où ça peut venir. Mais il faut rester optimiste, sinon on bascule dans la folie”, témoigne Jessica, une participante.

La coach Marie Dasylva conseille également : “il faut entrer dans chaque pièce comme si on était un homme blanc patron du CAC 40”. En clair, ayez confiance en vous, avancez avec assurance.

Il faut entrer dans chaque pièce comme un homme blanc patron du CAC 40
— Marie Dasylva



Les participantes sont justement venues pour entendre ce genre de messages, apprendre à cultiver leur confiance en elles-mêmes. Elles écoutent avec attention chacun des talks, posent des questions, prennent des notes de façon studieuse. La success story de Ingrid Chaine, fondatrice de Shopiles, une startup incubée à Station F, fournit à la fois des conseils pratiques et l’inspiration nécessaire pour oser viser haut. “N’ayez pas peur d’être vous-même et de vous mettre en avant” pousse celle qui ose se rendre en jeans/baskets au cocktail de networking.



Tout au long de la journée, on entend les femmes présentes s’appeler “soeurs” ou “sistas”. La sororité est effectivement une valeur africaine très forte. Elle a depuis longtemps été une arme, une forme de résistance dans un monde où la femme noire est reléguée au second plan. Le cours de danse proposé vient magnifier cet état d’esprit. Le public est invité à bouger à l’unisson. Se remuer le popotin à un événement business, une erreur ? “Non, la confiance en soi, ça passe surtout par le corps” répond l’organisatrice de l’événement.



A la fin de la journée, les convives peinent à quitter la salle tant l’énergie est forte. Des cartes de visite sont échangées, des rendez-vous pris ; surtout, on se promet de se retrouver l’année prochaine pour la troisième édition. Plus qu’un safe space, l’Afropreneuses Summit c’est aussi comme une colonie de vacances.

Pour s’inscrire sur la liste d’attentes pour l’année prochaine, c’est par ici !

 

 

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