Comment demander une rupture conventionnelle (en vrai)

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Deux DRHs nous disent comment faire pour qu’elle soit acceptée

Allison @Teambossie | 5 minutes | #bossietips

La vie ne te donne que ce que tu as le courage de demander

Et oui, Oprah mais comme toutes phases de négociation, acter sa demander de rupture conventionnelle peut rapidement devenir une entreprise fastidieuse quand on ne sait pas vraiment comment s’y prendre. Et moi, je n’ai jamais vraiment été très à l’aise à l’aise avec ça…

Alors si comme moi, et beaucoup d’entre nous, vous êtes du genre à appréhender ce genre d’entrevue avec votre hiérarchie ou le service des Ressources Humaines de votre entreprise, n’ayez plus crainte ! Je suis allée enquêter auprès de deux DRH de grandes entreprises pour qu’ils nous révèlent comment préparer et présenter sa demande de rupture conventionnelle pour que ça se passe bien (déjà) et avoir toutes les chances de l’obtenir (en plus !). Rencontre avec Amandine Braillard, DRH de Payfit et Vincent Layer, DRH du groupe Reworld Media.

Quels sont les avantages concrets de la rupture conventionnelle ?

Vincent Layer : Lorsqu’elle est demandée par le ou la salarié·e, la rupture conventionnelle est le seul moyen permettant à celui-ci de pouvoir négocier avec son entreprise son départ de façon à obtenir les indemnités de rupture ainsi que le droit aux allocations chômage. Il s’agit généralement du process le plus avantageux et le plus simple, pour les collaborateurs comme pour l’entreprise, afin de mettre un terme au contrat qui les lie. La rupture conventionnelle évite souvent d’avoir à passer par la case licenciement ou d’engendrer des contentieux.

Quels délais doit-on anticiper pour être sûre d’obtenir notre rupture conventionnelle à la date désirée ?

Amandine Braillard : La procédure prend environ 2 mois. Elle peut évidemment être plus longue surtout s'il y a des négociations. Attention, il est dans l’obligation du salarié·e d’assurer ses fonctions dans les conditions habituelles jusqu'à la fin du contrat indiqué dans la convention de rupture, sinon la procédure pourrait être stoppée. 

Pas le temps d’attendre tout ce temps ?

Un DRH d’un grand groupe m’a confiée un secret : antidater la date du premier entretien, et de la signature de la demande d’homologation et de la convention, permet de s’affranchir du délais de rétractation mais chut ! 


Est-il possible de jauger ses chances de l’obtenir avant même le premier entretien ?

Vincent Layer : Il n’existe pas à proprement parler de critères qui pourraient bloquer la demande en amont. Ainsi, une entreprise n’est pas soumise à des quotas ou des pré-requis qui pourraient l’autoriser à accepter ou refuser une demande de rupture conventionnelle avant l’entretien préalable. À ce moment-là, votre entreprise sera première juge. C’est avec elle qui faudra convenir d’un accord avant de soumettre votre candidature à la Dirrecte…

D’ailleurs, vers qui doit-on se diriger en premier : notre supérieur·e hiérarchique ou le bureau des Ressources Humaines ?

Amandine Braillard : Tout dépend de la relation que l'on a avec son supérieur ou les ressources humaines, et du contexte de la rupture conventionnelle. Le département RH sera de toute façon impliqué puisqu'il va gérer la procédure de rupture conventionnelle.

Par la suite, la salariée peut s'adresser à l'inspection du travail ou à un syndicat pour se renseigner sur la procédure, les modalités, puis pour être accompagnée dans les négociations menées pendant le ou les entretiens avec l'entreprise.

Comment mettre toutes ses chances de son côté lors de l’entretien préalable ?

Vincent Layer : À ce moment là, tout n’est que question de tact. Savoir formuler sa demande avec diplomatie, mettre en avant les éléments déclencheurs et les motivations de votre demande sont alors les critères principaux qui permettent au DRH d’évaluer votre requête et de statuer dessus.

Amandine Braillard : Il vaut mieux être honnête, notamment lorsqu'on évoque les projets à venir. Beaucoup prétendent vouloir créer leur propre entreprise. Évidemment, on ne peut rien contre un projet personnel, mais il faut pouvoir démontrer que cela est vrai.

Un argument qui fonctionne plutôt bien, c'est la perte de motivation. Comme elle entraîne une baisse de productivité, l'employeur est plus à l'écoute. En revanche, l'argument du départ à l'étranger est très mal perçu par les entreprises. En général, l'employeur arrête la procédure en la refusant et demande à l'employé de démissionner s'il souhaite quitter l'entreprise.

Le tips de DRH :

Amandine : “Il faut noter que l'entreprise ne pourra en aucun cas sanctionner la salarié·e d'avoir demandé ou décliné une rupture conventionnelle.” alors pas de quoi avoir peur de se lancer !

Vincent : “Et surtout ne venez pas à l’entretien préalable en pensant être en territoire conquis : ni le ou la DRH, ni l’entreprise ne vous est redevable de cette rupture conventionnelle !”


En savoir plus sur nos intervenants :

Amandine Braillard, Directrice des ressources Humaines de l’entreprise Payfit, Amandine a d’abord rejoint Vestiaire Collective en tant qu’Accountant Assistant, puis HR Advisor. Chez PayFit depuis maintenant 1 an et demi, elle s’occupe de la recherche des futures pépites et est garante de la culture et la communication interne.

Vincent Layer, Directeur des Ressources Humaines du groupe Reworld Media, a évolué en tant que DRH depuis prés de 20 ans dans différents univers notamment la presse (Le Parisien, La Tribune) et les services à la personne (Pizza Hut, Elior). Il est aussi dans une démarche personnelle d'évolution depuis plusieurs années qui l'amène à approcher son métier sous un angle original et notamment mettant l'humain au cœur des échanges individuels et collectifs.