Pourquoi j’ai décidé de ne plus m’excuser (de travailler)

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Bossie Girls don’t care

Allison @Teambossie | 3 minutes | #bossietips

D’aussi loin que je puisse me rappeler, j’ai toujours été une bosseuse.

D’abord parce qu’il le fallait, comme c’était le cas pour monter l’échelle de la scolarité. Puis parce que j’étais passionnée. Mon entrée à la fac a donné le top départ à la course effrénée. Dès lors, je n’ai plus jamais décroché… 10 ans, cette année, que je cravache et m’enrichis de connaissances ! 

Pas de temps à perdre, toujours cette ténacité à avancer, avancer, toujours avancer. Vers quoi exactement ? Ça fait longtemps que j’y songe… Pas encore trouvé la réponse. Je me dis qu’avec le temps, j’acquerrai la sagesse nécessaire pour comprendre le but de la quête. D’ici là je profite à fond. Parce que bosser c’est mon moteur, mon passe temps préféré… Je vous l’accorde, cela certainement parce que j’ai toujours tenu à choisir mon métier. 

Mais la réalité de cet écrit c’est de vous partager un sentiment qui longtemps m’a rongé. La culpabilité. Non pas une culpabilité tonitruante mais celle qui vous fait parfois devenir plus latente, comme dévitalisée parce que tout perd de son sens. 

Prends soin de toi, ne travaille pas trop quand même

Comme beaucoup “d’acharné.e.s du boulot”, on m’a très vite mise en garde sur mon investissement. Attention au temps sacrifié que je pourrais passer avec ami.e.s, famille ou tout simplement à profiter de la vie. Voilà les grandes lignes des injonctions bienveillantes que je recevais de mon entourage. Peu à peu, j’assimilais que plus je m’investirai dans mon boulot, plus je me tuerai la santé. Indéniablement. Et tout cela pour pas grand chose au final puisque je n’étais qu’une employée ! La suffisance…

Pourquoi se faire pardonner qu’on soit en train de travailler plutôt que de bruncher ?

Quoiqu’il en soit, les reproches sous-jacents se transformaient en anxiété. Ils devenaient matière à réflexion. Si on me disait que j’étais dans le tort c’est qu’effectivement : à travailler autant je rate forcément une grande part de ma vie ! Alors quand le moral était au plus bas, que le destin me jouait des tours, tout s’écroulait. Avais-je gâché tout ce temps ? Non.

Ces expériences que j’ai traversées m’ont toutes permises d’en apprendre plus - et d’autant plus vite - sur ce que je voulais réellement tirer de ma carrière. Le temps passant, l’expérience se forgeant, j’ai peu à peu compris que le travail était mon moyen d’expression. Le lieu où je me forge et où je grandis. J’ai trouvé un équilibre dans ma vie en cherchant toujours à progresser, pourquoi devrais-je le renier ?

Il aura fallu un long chemin pour me désinhiber de ces ondes négatives qui m’entouraient et renforçaient mes doutes. Mais me rendre compte que j’étais de toute façon plus productive et beaucoup plus heureuse quand je me donnais, m’a conforté pour faire face à l’adversité. Peut-être suis-je toujours en train de travailler, peut-être que je rate certaines choses toutefois je suis sûre de compenser le manque, à ma façon. Je vois des ami.e.s qui “sacrifient” leur temps à leur enfant, je vois des ami.e.s qui “sacrifient” leur temps à leur passion, je vois des ami.e.s qui “sacrifient” leur temps à leur vie de famille. C’est leur équilibre. On a tous le nôtre. Pourquoi certains pré-vaudraient sur d’autres ? Pourquoi continuer à s’excuser les uns les autres du temps que l’on sacrifie à ce qui nous fait réellement vivre ?

Je ne suis pas désolée de travailler.

Allison