On m'a refusé une promotion. Dois-je quitter mon job ?

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Que faire quand vous n'avez pas eu la promo dont vous rêvez

@TeamBossie | 5 minutes | #bossietips

 

C’est un coup dur. Vous avez pris votre courage à deux mains, préparé soigneusement vos arguments, travaillé sans relâche pour mériter une nouvelle position… mais vous n’avez pas été promue. C’est d’abord votre ego qui est sous le choc, il n’a qu’une envie : tout casser, partir et les laisser dans « la m*** ». Au bout d’un moment - plus ou moins long - la raison finit par reprendre le dessus. Toutefois, même votre fureur calmée, une question demeure : est-ce que ça vaut le coup de rester dans ces circonstances ?

 

Évaluez le contexte avant de juger trop hâtivement

Sheryl Sandberg – toujours elle – offre un conseil crucial dans son ouvrage Lean In : choisissez une entreprise à la hauteur de vos ambitions ! En effet, même avec la plus grande volonté du monde, toutes les entreprises ne sont pas en mesure de vous offrir la progression et/ou le niveau de rémunération que vous désirez. Il y a des activités dans lesquelles il est structurellement plus difficile d’offrir de nouvelles opportunités, sauf à créer des responsabilités de façade. C’est le cas notamment pour les entreprises de service ou les secteurs dans lesquels les marges sont très faibles.

Dès lors, la raison pour laquelle une promotion vous a été refusée n’a peut-être rien à voir avec vous personnellement, la nature de l’activité de l’entreprise la rendait tout simplement impossible. Il faut aussi s’intéresser à l’histoire de l’entreprise : comment est organisé le management ? Comment sont généralement promus les salariés ? Oui, vous êtes exceptionnelle. Mais tout votre brio seul ne peut pas venir à bout de décennies – voire plus – de traditions et de culture d’entreprise. Malgré tout ce qui est dit sur le caractère scientifique du travail, les décisions à l’intérieur des entreprises restent généralement empreintes de subjectivité. Rien n’est automatique.

Par conséquent, si vous réalisez que vous attendez l’impossible de cette entreprise, vous pouvez choisir de vous battre avec le fort risque de perdre ou choisir la simplicité – notre option préférée – et partir ailleurs.

 

N’acceptez pas le « non » si ça vaut le coup

C’est l’entreprise de vos rêves ; vous vous entendez bien avec l’équipe ; votre parcours de progression est clair dans votre tête ; alors ne partez pas tout de suite. Recueillez un maximum d’informations pour comprendre les raisons du refus. C’était peut-être le mauvais moment et/ou il y avait quelqu’un de plus qualifié – ça arrive ! – ou vous devez peut-être progresser sur certains points. N’hésitez pas à poser des questions et comme disent les Américains « don’t take no for an answer ». Préparez soigneusement votre plan pour revenir à la charge. En particulier, montrez-leur qu’ils ont intérêt à vous fidéliser et vous garder dans l’entreprise plutôt que de vous voir partir à la concurrence.

Néanmoins, soyez prête à partir. Être prête à partir, surtout si vous avez effectivement des offres de poste de la concurrence – vous met en position de force dans la négociation. Et n’essayez pas de le feindre ! Les RHs et les managers expérimentés savent reconnaître les personnes désespérées. S’ils sentent que vous êtes prête à tout accepter, ils vous feront tout accepter – c’est la loi de Murphy appliquée à l’entreprise.

 

Et si ce sont des c*****ds ?

Bon, vous avez flairé le bullshit. Les arguments pour lesquels on vous a refusée cette promotion sont bidons. Jean-Louis a été promu juste avant avec pourtant moins d’ancienneté et de résultats que vous. Ou Jessica qui fait du Pilates avec la DRH. Vous êtes déçue et amère. Acceptez que rester plus longtemps dans l’entreprise ne fera que vous rendre de plus en plus amère. Avec le développement de cette amertume, vous deviendrez moins enthousiaste et moins compétente à votre poste. Ainsi, non seulement vous n’aurez pas gagné ce nouveau job, mais vous aurez perdu au passage.

Quand on se voit refuser une promotion, on est tenté de rester pour prouver quelque chose, ou pire pour nuire. Or continuer de leur donner votre force de travail à moindre prix – car vous méritez mieux ! – n’est pas une vengeance, c’est un énorme cadeau que vous leur faites. N’hésitez pas à chercher activement un poste ailleurs. En cas de discrimination, la meilleure issue reste encore judiciaire.

 

Apprenez à voir des opportunités partout

Servez-vous de cet échec comme d’une leçon : qu’est-ce que cela vous apprend sur votre entreprise ? ou sur votre niveau d’ambition ? Vous vous rendrez peut-être compte que c’est un mal pour bien ou au contraire que ce refus aura redoublé votre envie d’évolution. Prenez le temps de « digérer » vos émotions pour bien comprendre leur message.

Surtout, ne surestimez pas l’importance de cet événement dans votre vie ou sur ce qu’il dirait de vous. En cas de refus, l’ego tire des conclusions délirantes pour se protéger : « c’est la preuve que je ne suis pas faite pour ça », « je suis nulle », « je n’y arriverai jamais ». C’est une façon de se dissuader de retenter l’expérience et se protéger de futures déceptions. Mais arrêtez au plus vite la spirale à pensées négatives, il y a des opportunités partout ! Cultivez votre regard pour les repérer en toutes circonstances et vous ne serez jamais plus déstabilisée par un refus.