Ikigaï, le concept japonais pour trouver la carrière de ses rêves

Choisis un travail que tu aimes et tu n'auras plus jamais à travailler un seul jour de ta vie

Allison @TeamBossie | 5 minutes | #bossietips

La citation de Confucius pourrait être la définition, chinoise, de l’Ikigaï japonais.

Concept qui n’a pas vraiment de traduction en français - ‘iki’ signifie la ‘vie’ ou ‘être en vie’ tandis que ‘gai’ se rapporte à ‘ce qui a de la valeur’ - l’Ikigaï développe l’idée de trouver ce qui fait sens, en nous, dans le but de nous épanouir pleinement. Trouver notre propre Ikigaï permettrait ainsi d’orienter nos choix vers ce qui nous fait sentir bien et serait la réponse parfaite à la quête du bonheur tant recherché.

Méthode en vogue et extrêmement plébiscitée par les coachs, l’Ikigaï serait donc la solution à notre quête de sens, notamment dans notre voix professionnelle - dimension pourtant absente dans le concept original japonais. À la croisée de ce que nous aimons faire, de ce pour quoi nous sommes doué.e.s et de ce qui impacte de façon bénéfique le monde dans lequel nous vivons, notre Ikigaï est avant tout une sorte de guide intérieur. L’écouter et le suivre permet de multiplier les actions quotidiennes qui nous font plaisir et qui sont bénéfiques à notre entourage : deux aspects primordiaux pour déclencher en nous les sentiments de satisfaction et d’épanouissement.

Ikigaï c’est ressentir que notre travail fait une différence dans la vie des gens


Une fois transposé au monde du travail, on comprend vite où l’Ikigaï trouve son intérêt. Dans nos sociétés où 70% des individus disent ne pas trouver l’épanouissement au travail*, permettre à chacun d’avoir un job qui permet de concilier ses aptitudes réelles à ses intérêts, semble capital pour améliorer son bien-être au travail et sa productivité.

Côté individu, connaitre son Ikigaï permet de devancer nos besoins et d’établir une typologie de postes dans lesquels ceux-ci seraient comblés, tout en répondant à la nécessité de gagner notre vie ! Mais alors comment trouver son Ikigaï et donc le job de nos rêves ? Je teste !


L’Ikigaï, mode d’emploi

Processus plus que méthodologie, l’Ikigaï connait nombre de variantes. L’idée principale du concept largement répandue dans nos sociétés est de réunir 4 axes majeurs : ce que nous aimons faire, ce pour quoi nous sommes doué.e.s, ce dont le monde à besoin et ce pour quoi nous pourrions être rémunéré.e.s. À la croisée de ces 4 branches, notre Ikigaï se révèle.


Dans la pratique, cela consiste avant tout à lister toutes les choses que nous aimons, où que nous avons aimé quand nous étions enfant et que nous regrettons désormais de ne plus avoir. Tous ces éléments sont autant d’indicateurs sur ce qui nous motive vraiment, ce qui nous fait vibrer. Il peut donc autant s’agir d’activités (équitation, sortir avec des amis…) que de valeurs qui nous sont chères (j’aime la liberté, j’aime l’argent etc…). N’ayez surtout pas de jugement de valeur ni de honte lorsque vous établissez votre liste, l’acceptation de votre moi et l’étape la plus importante dans l’Ikigaï. À partir de ce listing, soulignez trois éléments prépondérants : ceux dont vous ne pourriez vous passer (même s’il s’agit de faire du binge watching sur Netflix).

Pour ma part, les trois choses que j’aime le plus se matérialisent à travers 3 verbes : organiser - voyager - apprendre.


Etape n°2, il s’agit maintenant de lister tout ce pour quoi vous êtes doué.e, que ce soit dans votre vie personnelle ou professionnelle. Que vous soyez la meilleure oreille de votre bande d’amis ou que vous soyez un.e pro des statistiques, listez tout ce que vous savez naturellement faire sans que cela vous soit jamais contraignant. Encore une fois, sélectionnez ensuite vos trois ‘compétences’ favorites, celles qui font votre fierté.

Sur cette partie, il est parfois difficile d’être objective envers soi-même alors n’hésitez pas à vous faire aider de collègues et d’amis ! Pour moi, c’est : l’empathie - la gestion - la communication. Ces trois compétences sont à la fois celles dont je suis la plus fière mais également celles qui m’ont sauvée et ont sauvé beaucoup de monde dans certaines situations passées.

Etape n°3, accrochez-vous encore un peu à votre ‘moi’ le temps de rationaliser tout ça. Il va falloir maintenant établir la liste des choses que vous aimez, de vos connaissances et de vos compétences pour lesquelles on pourrait vous rémunérer. Par exemple, si vous aimez les magazines féminins et que vous être douée pour l’écriture, on pourrait vous rémunérer vos textes. Là encore, essayez faire ressortir trois activités que vous préféreriez faire parmi toutes celles pour lesquelles vous pourriez être rémunéré.e.

Lorsque je reprends mes deux listes précédentes, je remarque que je pourrais être rémunérée pour de la gestion de projets, de l’évènementiel, de la communication de marque, je pourrais donner des cours aussi et même travailler en agence de voyage (je n’y avais jamais pensé !)…

Cette étape est peut-être la plus compliquée, car il faut avoir une large culture de l’ensemble des métiers existants sur la Terre pour établir une liste parfaitement exhaustive et couvrir tout le champs de nos possibilités. Fort heureusement notre instinct nous guide : vous allez citer très facilement les typologies de métiers qui vous parle d’elles-mêmes. Alors surtout, écoutez-vous !

Enfin, étape cruciale de l’Ikigaï, concentrez-vous maintenant sur ce dont le monde à besoin selon vous où, si cela vous rend la chose plus concrète, sur ce que vous apportez ou que vous pourriez apporter au monde qui vous entoure. Une fois la liste établie, privilégiez encore une fois les trois éléments qui vous semblent les plus importants.

Pour ma part et sans concession, le monde à besoin de tolérance, prise de conscience écologique et d’empathie.

Vos 4 listes maintenant établies, vous devriez avoir, comme moi, 4 colonnes de trois éléments concrets par rubrique. À partir de ceux-ci, vous pouvez maintenant définir quels sont vos axes de priorités et mieux cerner les typologie de métier qui y répondront.

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En ce qui me concerne, je récapitule le tout :

J’aime : organiser - voyager - apprendre.

Mes skills favorites sont : l’empathie - la gestion - la communication.

Je pourrais être rémunérée pour : de la gestion de projets - de la communication de marque et l’enseignement.

Le monde à besoin de : tolérance, prise de conscience écologique et d’empathie.

En conclusion, j’ai maintenant le fil rouge de tout ce qui me fait vibrer, en ce moment, et qui apporte de la valeur, selon moi, dans la vie. L’exercice m’a confortée dans des choix déjà réalisés, tout en m’ayant ouvert à d’autres possibilités.

Alors l’Ikagaï pour trouver le boulot de ses rêves : oui, à condition de ne pas vouloir tout révolutionner du jour au lendemain. J’aurais personnellement besoin de retravailler certaines choses avant de donner des conférences à la fac, par exemple. La méthode permet cependant bel et bien, à mon humble avis, de s’ouvrir des perspectives insoupçonnées et se rendre compte que l’on peut réellement créer le métier de ses rêves à partir de choses qui réveillent véritablement le feu en nous. Sans compter que le process nous oblige à nous mettre face à nous même : un bon entrainement pour se regarder avec plus d’objectivité et faire le point. Alors pourquoi s’en passer ? Sans vous garantir une réponse absolue, l’Ikagaï est définitivement une méthode, une exercice, à tester !

Pour aller plus loin :

  • La Méthode ikigai, découvrez votre mission de vie d'Héctor Garcia et Francesc Miralles (éditions Solar)

  • Trouver son ikigaï, vivre de ce qui nous passionne de Christie Vanbremeersch (éditions FIRST)

  • Ikigai: A Japanese concept to improve work and life [archive], Yukari Mitsuhashi, BBC Capital, le 7 août 2017

  • Blue Zones : Lessons on Living Longer from the People Who’ve Lived the Longest, Dan Buettner


*étude portant sur les français et le bien-être au travail, réalisée par OpinionWay du 11 au 18 mai 2018