Success' anatomy avec Shanty Baehrel, fondatrice de Shanty Biscuits

shanty-web.JPG
 

Lauréate du prix Clémentine décerné par Veuve Cliquot, à la tête d’une startup grandissante, elle nous parle de sa vision du succès.

Texte : Yolande Libene | Photos : Shanty

 
 

A 24 ans, on lui offre un tampon à biscuit pour son anniversaire. De là est née Shanty Biscuits, une entreprise qui personnalise des biscuits à message. Aujourd’hui, son entreprise représente 15 salarié·e·s, plus de 58 000 abonnés sur Instagram et un chiffre d’affaires qui triple chaque année. Shanty Baehrel est une autodidacte, sans le bac, sans études de marketing, qui a réussi en six ans à créer une marque si forte qu’elle a retenu l’attention du groupe LVMH. En novembre dernier, elle reçoit le prix Clémentine décerné la Maison Veuve Clicquot. “Une revanche sur la vie” pour celle qui n’avait jamais envisagé de devenir entrepreneure. Ce prix vient surtout récompenser sa personnalité unique lumineuse, passionnée et audacieuse. Comment passe-t-on de la fabrication de biscuits dans sa cuisine au prix Clémentine ? Shanty nous raconte tout, avec l’authenticité et l’humour qui font sa force.


Bossie : Qu'est-ce qui t'a amené à postuler au concours ?

Shanty : J’ai appris l’existence du concours dans une newsletter. Lorsque j’ai découvert les lauréates précédentes, je me suis d’abord dit que je ne suis pas du tout dans la cible ! Mais en regardant de plus près le dossier de candidature, les questions m'ont beaucoup intéressé. On devait répondre à des questions comme si "qui sont tes modèles ?" ou "quelle est ta vision de l'entrepreneur ?". Pas besoin de business plan, c’était plutôt rigolo ! Ensuite je me suis dit que quitte à participer et à perdre, autant écrire réellement ce que je pense. Par exemple à la question “comment te décrirais-tu en tant qu'entrepreneure ?", j’ai répondu “je suis plus proche de Bridget Jones que de Victoria Beckham”. Je me suis lâchée ! J’ai d’ailleurs appris par la suite que ma candidature avait suscité des débats.


Du coup, qu'est-ce que ça t'a fait d'être dans la liste des nominées ?

J'étais très surprise ! Pour moi, j’avais tout gagné. C'était déjà une victoire personnelle d'être dans la liste.

Tu avais besoin de cette reconnaissance ?

Oui, je crois que c’est une chose que j'essaie d'obtenir à travers Shanty Biscuit. J'ai toujours eu le syndrome de l'imposteur ; le prix m'a permis de me soigner un peu. Parce que la plupart des gens que j'ai embauchés sont beaucoup plus diplômés que moi, il m’arrive parfois de me demander "qu'est-ce que je fous là ?". Des prix comme celui-là me permettent de me dire que j’ai ma place. Surtout, le fait que le prix soit remis par un groupe comme LVMH m'a d'autant plus touché. Pour moi qui n'ai pas un parcours classique, qui vient d'Aix-en-Provence, qui n’a pas fait de grandes écoles, ni levé des millions d'euros et fais en plus un produit vraiment "basique", c’est énorme ! Après tout on ne fait que des biscuits, on ne révolutionne pas le monde.

C’est un vrai succès d’avoir créé un job que j’aime, où je peux avoir de l’ambition et être créative.
— Shanty


Est-ce que tu t'imaginais là il y a 10 ans ?

Non pas du tout ! Je n'ai jamais trop su ce que je voulais faire de ma vie. Au lycée, j’aimais bien dessiner, alors j'ai envisagé une carrière artistique. Mais mes parents n'étaient très pour. Je n'arrivais à me visualiser nulle part. Je me suis jamais dit que je deviendrais entrepreneure.

Qu'est-ce que le succès pour toi ?

C'est très dur de répondre à cette question, chacun a sa définition. Pour moi, c'est la satisfaction d'avoir réussi quelque chose. Mais en même temps, c’est paradoxal, car à mes yeux Shanty Biscuit ne sera jamais vraiment une "success story". Je serai toujours insatisfaite, on est tellement loin de ce que je veux faire ! Par contre, je peux dire que mon quotidien est un succès. C’est une fierté d’avoir réussi à me créer un job que j'adore. J'adore venir au bureau, retrouver mon équipe, rencontrer plein de gens, je m'éclate. Maintenant je ne fais que des trucs qui m'amuse ; je ne suis plus toute la journée dans le four à faire des biscuits ! C'est un vrai succès d'avoir créé un job que j'aime, où je peux avoir de l'ambition et être créative.


Vous avez lu un extrait de la revue Bossie 02. Pour lire l’article dans son intégralité, c’est par ici !

 
 

Le saviez-vous ? Les femmes ambitieuses lisent notre newsletter.

 

 

A LIRE AUSSI