Sisterhood : Elise & Julia, le duo fondateur du média FRAICHES

JuliaxElise_02.jpg

On aime vous raconter les histoires de femmes qui font de merveilleuses choses ensemble

Interview : Yolande | Photo : Kevin Jordan pour Bossie Media

 

[EXTRAIT DE LA REVUE BOSSIE 01]


À 25 ans à peine, elles ont déjà derrière elles un média qui a amassé des millions de vue, FRAICHES, et leur propre agence de conseil en positionnement de marques, aux clients prestigieux. Elise et Julia, c’est une amitié qui dépote – abonnez-vous de ce pas à leur compte Instagram (@julialayani / @elisegoldfarb), il faut suivre le rythme – et une force de vie redoutable. Rien ne pouvait prédire cette alchimie : Elise, c’est la fille des beaux quartiers ; Julia grandit à Gagny en Seine-Saint-Denis. Pourtant, elles se rencontrent sur les bancs du lycée Carnot et la fusion opère : elles ne se quitteront plus. On les retrouve sur ces bancs, symboles de leur relation. Les deux acolytes préparent la création de leur propre média, inclusif, lifestyle et ambitieux ; bref, un monde à leur image. Pour reprendre leurs propres termes, ce sont des filles « qui ont faim ».  À deux, elles sont en croisade pour faire évoluer les représentations. Du sisterhood dans toute sa splendeur.


Bossie : Si vous étiez sœurs biologiques, qui seraient vos parents ?

Julia : On aurait forcément deux parents de même sexe. Paris Hilton et Mercedes Erra.

Elise : Ou Maurice Lévy et Snoop Dogg.


Bossie : Trois mots pour vous décrire l’une l’autre ?

Julia décrit Elise : déterminée ; brillante ; unique.

Elise décrit Julia : inspirante ; sage ; bienveillante.

Bossie : Qu’est-ce qui vous unit dans votre combat ?

Elise : On a un vrai truc identitaire. On est des enfants d’immigrés. Ma famille a vécu de plein fouet la Shoa. La famille de Julia vient de l’Algérie française. Cette histoire fait partie de nous. Nous sommes nées avec une espèce d’instinct pour la protection des minorités. Nous sommes hypersensibles à la discrimination, qu’elles que soient les personnes visées, femmes, noir·e·s, juif·ve·s, handicapé·e·s, etc. On a été témoin de racisme dans nos expériences professionnelles. Chacune de nous a trouvé ça horrible. Nous avons aussi eux des parents très engagés sur ces sujets. Ils nous ont transmis cet engagement. Ce qu’on fait est très symbolique pour nous.

Julia : On est « une minorité invisible » même si la différence ne se voit pas sur notre faciès. Et même au-delà de la question identitaire, on a envie de faire prendre conscience aux marques qu’il y a un vrai enjeu business. Les minorités ont du pouvoir d’achat. Le consommateur veut des histoires beaucoup plus riches que les fausses égéries que les marques mettent en avant aujourd’hui.

Elise : On ne peut pas espérer vendre un produit sans cibler les gens qui sont à la mode. Or, les gens qui sont à la mode aujourd’hui, c’est tout le monde.

Bossie : Comment a eu lieu le coup de foudre ? Comment vous êtes-vous rencontrées ?

Elise : On se sentait en décalage par rapport à notre milieu, le 8e arrondissement parisien. On s’est rapprochées parce qu’on prenait des cafés pour se foutre de la gueule de nos copains. On se retrouvait pour écrire des histoires humoristiques sur ce qu’on vivait.

Julia : Oui, on s’est rencontrées à une soirée où on s’est demandées ce qu’on foutait là. C’est comme ça qu’on est devenue potes. Je lui disais : “ils sont marrants tes tweets”, puis on s’est vues pour faire des choses ensemble. On a senti très vite le déclic. Notre envie de créativité allait dans le même sens. On a d’abord commencé par écrire une mini série qui s’est ensuite transformée en émission radio. Et puis Maxime Barbier (fondateur de Minute Buzz, ndlr) a fait un post sur Facebook au sujet de la création d’un média féminin. On l’a pas mal critiqué. Au final, il nous a embauchées. C’est devenu FRAICHES.

On n’avait pas le choix d’être différentes.
— Elise

Bossie : Le fait de ne pas vouloir faire comme tout le monde, c’est un truc que vous avez en commun, non ?

Elise : On n’avait pas le choix d’être différentes. On a évolué dans un milieu hyper uniformisé. Tout le monde pense de la même façon, parle de la même façon, poste les mêmes photos sur Instagram. C’est un microcosme dans lequel on ne se reconnaissait pas.

Julia : C’est une bulle qui va dans un seul sens ; il n’y a pas de place pour la créativité. Ce sont des gens qui vont se cacher derrière des valeurs très implantées, qui ne vont pas chercher à aller au bout de leurs rêves. Aujourd’hui, ces jeunes sont tous en crise parce qu’ils n’ont pas suivi leurs passions. Il y a un vrai problème de la crise des 25 ans.

Elise : Nous, nous n’avons pas réussi à résister. Nous étions trop malheureuses de ne pas faire ce qu’on aimait. J’étais très bonne élève jusqu’au lycée. On voulait me faire faire des maths, alors que je voulais d’autre chose. J’ai essayé de suivre le parcours d’excellence, mais j’étais en dépression. La seule chose qui m’a sortie de mon mal-être, c’est de faire des vidéos sur Snapchat.


Ceci est un extrait de l’interview parue dans le Bossie 01. Pour la retrouver dans son intégralité, rendez-vous ici !

 
 

Le saviez-vous ? Les femmes ambitieuses lisent notre newsletter.

 

 

A LIRE AUSSI